Yannis De Michelis


Une nuit.

 Vous êtes assis, par terre, au milieu d’une galerie, la nuit. Rien d’autre que quelque lumières émanant des veilleuses. Sur les murs, exposées en silence, se trouvent des toiles de Yannis de Michelis. Vous ne connaissez pas cet artiste, ce peintre. Mais les tableaux sont là, et vous sentez leur présence. Une main touche votre épaule. Vous vous retournez et là, un Shaman vous regarde.

Ses yeux scintillent dans la pénombre de cette sombre exposition.

Vous avez peur ? Non. Impossible d’avoir peur face à ce Shaman dont les yeux possèdent autant de profondeur qu’un volcan qui sommeille. Un Shaman est sorti du tableau.

Et il va vous parler de ces mains qui l’ont créé.

« Je suis né dans la tête de Yannis, un matin d’automne. Yannis a 27 ans, c’est-à-dire rien comparé à ma propre immortalité.

Ce jeune homme aime la nature, la regarde et la respecte et surtout il admire ce qu’elle a de mystérieux, de secret, de profond. Inspiré de la forêt de Brocéliande, de cette Bretagne enchanteresse où il a vécu longtemps,Yannis essaie de transformer son pinceau en baguette magique et de nous permettre ainsi de voir l’invisible derrière cet arbre que vous voyez tous les jours. » Un autre être sort d’un tableau. Il fait peur, il a peur, il souffre. Le Shaman fuit, sa tranquillité dérangée par ce personnage macabre aux relents de noirceur. 

« Yannis ? Yannis ? Je le connais bien Yannis. Je suis né sous son crâne quand il s’est arrêté un matin d’hiver, la main sur l’auto-radio débitant les infos. Yannis ? Un artiste torturé volontaire par ce monde qui s’écroule parfois, et se relèvera, peut-être. Je suis né de cette torpeur provoqué par ce monde navrant et quelquefois à la limite du supportable. Yannis a appris à peindre à l’école supérieure des beaux arts de Bretagne, dont il est sorti diplômé en 2012.Il peint pour crier, il me peint pour hurler, il nous peint pour parler des hommes qui, parfois, oublient d’être des hommes. »

L’être décharné se sauve lui aussi, agacé par ce petit animal qui lui mord l’épaule. On entend le bruit de la gouache qui s’effrite. A nouveau silencieuse, vous sentez un minuscule personnage, mi homme, mi singe, si petit qu’il peut chuchoter à votre oreille, assis maintenant sur la vôtre, d’épaule. Sa voix est mécanique. « Yannis est un artiste, et comme tout artiste, sa pudeur n’a d’égale que son envie de laisser une trace, une éphémère trace dans cet univers dont nous ne connaissons pas les secrets. L’imaginaire comme seconde vie, Yannis essaie de donner au public le pouvoir de la réalité supposée, l’onirisme à l’état de vérité.

Moi, regardez, petit homme à la queue de démon, m’auriez-vous accepté dans votre univers incontestablement réel ? »

Vous sentez à peine le petit chose se faufiler sur votre bras pour remonter dans son arbre, collé à sa toile, qu’un homme, un immense homme se dresse devant vous. Il est colossal, majestueux et vous le craignez. Il est si grand. Ce n’est pas un géant. C’est un corps. Du muscle, de la peau, des veines et du mouvement. Sa voix résonne.

« Il nous peint, nous les corps. Nous sommes nombreux et si différents. Yannis nous observe, nous jauge, puis tente de nous reproduire dans nos moindres mouvements. Vous sentez le muscle de ce bras qui se tend ? Yannis essaie de reproduire cette image si fugace. Vous voyez notre regard qui vous scrute ? Yannis aime à tenter rigoureusement de le reproduire, de le fixer, de le saisir. Et ces jambes noueuses ? Ce dos courbé ? Cette tête qui se penche ? Yannis essaie de la sculpter avec des traits, avec ses mains. Depuis ses débuts dans la peinture, percevoir les lignes de ces corps que nous possédons tous sans vraiment les connaître est son désir.» La salle s’allume soudain. Vos pupilles sont gênées par tant de luminosité. Vous clignez des yeux. Dans un tourbillon de formes, dans des bruits de tissus, les personnages de Yannis réintègrent les tableaux, un par un, seuls et tous ensemble. Comme nous. Pas le temps de répondre, pas le temps de réfléchir. Il est juste tant de regarder, de se laisser saisir par cette nature imperceptible que Yannis de Michelis vous propose.

Laissez parler les autres personnages…

Gaïa : êtres et regards…

 

Sarah Jugand-Monot


Depuis Octobre 2015 : Expose tous les dimanches au marché de l'art et de la création à Lyon.

 

Avril 2016 : Exposition à la mairie du 3éme à Lyon avec l'académie des peintres de Montchat

 

Février 2016 : Exposition au Salon Fantastique à Paris.

 

Janvier/Février 2016 : Exposition à l'Espace Berthelot à Lyon avec l'académie des peintres de Montchat.

 

Décembre 2015 : exposition et atelier taches de couleur au centre culturel l'Opsis à Roche la Molière.

 

Septembre 2015 : exposition au festival Transformateur à Veranne.

 

Juillet/Aout 2015 : exposition de mon travail dans le cadre du festival d'art IN & Off de Saint-Julien-Molin-Mollete.

 

Juin 2015 : Exposition au Rendez-Vous des Artistes à Saint Cyr au Mont d'Or. J'ai été choisi par le public et ai remporté le premier prix catégorie "peinture" parmi 158 exposants.

 

Novembre 2014 : j'ai organisé l'ensemble de l'évènement "Expo Concert" :

Concert de blues avec Greg Miller champion du monde d'harmonica.

Exposition Nature Imperceptible : présentation de 90 dessins, aquarelles et encres de chine.

Entre 2012 et 2014 J'ai participé à la création en tant qu'illustrateur d'un jeu de plateau "Nécropole". (En voie de commercialisation)

 

2012 : Obtention de mon Diplôme National d'Art Plastique option Art.


Janvier 2012 : stage à la compagnie "La Machine". J'ai travaillé sur leurs marionnettes géantes, à Nantes.